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Un texte de Kassandra Lebel | Épreuve Synthèse 2018

17 mars 2018.

ARTISTES | Ce fut une journée très représentative pour les finissants de l’École de cirque de Québec. Nervosité, anxiété, mais surtout curiosité. Les artistes ont eu, au courant des dernières semaines, à traverser une panoplie d’émotions : allant de la nervosité à devoir faire un discours, à l’excitation de pourvoir enfin présenter les heures de travail acharnées en passant par l’inquiétude que les événements ne se passent pas comme prévus. Chose certaine, ils étaient prêts.

L’heure du show call arrivée, les artistes ont profité du calme avant la tempête pour s’échauffer chacun à leur façon, mais en étant tous unis. La nostalgie était, bien évidemment, au rendez-vous. Pour certain, cette Épreuve représente le bilan de trois années, alors que pour d’autres, elle est la conclusion de quatre années de travail. « C’est fou de repenser à toutes ces fois où je me suis entrainé pour ce numéro […], de repenser à tout ce travail pour en arriver enfin à ce soir. », me confie Alex.

Les présentations ont ensuite commencé. Elles se dérouleraient dans l’ordre suivant : Joël Ramseyer (trampo-mur), Julia Laflamme (roue allemande et chant), Martin Regrouffre (diabolo), Corinne Trottier-Daigle et Philibert Dallaire (main à main), Charlotte Cayer (tissus), Charlotte Gagnon et Ian Labelle (main à main), Coralie Roberge (contorsion), Agathe Bisserier et Adrien Malette-Chénier (main à main) et Alexandre Demers (sangles). En groupe de trois, ils livraient chacun leur tour un discours afin de se présenter aux recruteurs. Chacun approchait le public à leur manière, on apprenait tous à les connaître de différentes façons. Certains plus personnels, d’autres plus humoristiques, chaque discours réussissait à toucher le public. Puis, les trois artistes ou duo d’artiste, qui venaient de se présenter, interprétaient, un à la suite de l’autre, leur numéro respectif.

Les Épreuves synthèses se sont finalement terminées avec le numéro d’Alexandre. Il a d’abord su captiver l’attention du public en racontant son histoire. Plusieurs ont d’ailleurs été surpris d’apprendre qu’il ne pratiquait sa discipline que depuis 4 ans seulement. « C’est seulement il y a quatre ans que j’ai fait le choix d’accrocher mes patins, que j’ai fait le choix de me lancer en cirque, que j’ai fait le choix d’être moi. », me dit-il. Choix audacieux pour un jeune homme qui n’avait jamais pratiqué cet art. Pourtant, il a adopté sa discipline comme si elle avait toujours fait partie de sa vie. Du moins, c’est ce qu’il a réussi à prouver devant plusieurs grands recruteurs circassiens lors de cette soirée. « Après tout le travail que j’avais mis, je me sentais confiant, prêt et fier! J’avais hâte de monter sur scène. C’était une belle soirée. Mon objectif a été atteint : m’amuser au profit du bonheur des gens dans la salle. », me raconte-t-il les yeux brillants d’émotions.

La soirée s’est poursuivie après les présentations, les artistes ont pu aller discuter de manière plus personnelle avec les recruteurs lors d’un cocktail du style 5 à 7.

 

FAMILLE, AMIS ET AMOURS | Connaître les sacrifices qui ont été faits depuis le début. Connaître l’importance accordée à cet événement. Connaître l’enjeu de la soirée. Connaître tout le travail mis derrière un seul numéro. Ce sont les aspects qui ont probablement été les principales inquiétudes de tous les membres des familles des artistes. Chaque fois qu’un artiste montaient sur scène pour débuter son numéro, l’on pouvait entendre un soupir des membres des familles dans la salle qui se préparaient, eux aussi, à présenter le numéro. M’incluant tout autant. Il faut comprendre que la nervosité dans la salle est complètement différente de la nervosité sur scène. L’ambiance de la salle, la connaissance de soi et l’enjeu de l’événement y sont pour beaucoup. Pratiquant les arts du cirque, je peux affirmer ouvertement que je préfère vivre le stress sur scène pour la simple raison qu’à ce moment-là, je contrôle la situation. J’ai le pouvoir de me gérer, de gérer le numéro et de prendre toutes les décisions afin d’être constamment en contrôle. Autrement dit, j’étais terriblement angoissée à l’idée de regarder mon partenaire nous interpréter son numéro. J’avais entièrement confiance en lui et j’étais convaincu qu’il réussirait, mais je ne pouvais m’empêcher de me dandiner sur ma chaise en l’accompagnant dans chacun de ses mouvements. Chaque mouvement réussit m’enlevait de la nervosité, mais j’anticipait déjà le suivant. Tout se déroulait à merveille, tout s’enchaînait fluidement. Il était beau, mais surtout il était bon. Tous ses efforts et toutes ses heures de travail lui avaient enfin porté fruit. J’étais fière de lui. Et il avait de quoi l’être aussi.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Crédit photos: Emmanuel Burriel